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Wery Bern
 
Repères biographiques

1956 Né à Bruxelles.

Etudie la peinture aux Académies d'Ixelles, de Watermael-Boitsfort, ainsi
qu'à la Rijks Hoger Onderwijs voor Kunst à Etterbeek et la Kunstkolen de
Holbaeck (Danemark).

Expositions personnelles

1980 Paris / Galerie Isadora Duncan
1981 Anvers / Galerie Verswijver
1985 Bruxelles / Galerie Jean-Marie Derscheid
1986 Liège / Centre culturel de la Ville
1988 Bruxelles / Galerie Jean-Marie Derscheid
Gand / Lineart International Art Fair
1989 Gand / Lineart International Art Fair
Bruxelles / Ruben Forni Art Gallery
1991 Beersel / Herman Teirlinckhuis
1992 Bruxelles / Ruben Forni Art Gallery
1993 Gand / Galerie VGK
Lille / Galerie 31
1995 Bruxelles / Pierre Hallet Art Gallery
1996 Paris / Claudine Lustman
1997 Bruxelles / La Médiatine Arts '90+7

Expositions collectives

1986 Paris / L'Autre musée
1989 Finlande / Järjestänyt Turun Taileilijaseura Turku
Gand / Lineart International Art Fair
1990 Bruxelles / Galerie Sonia Berryer
Gand / Lineart International Art Fair
Redu / "10 ans d'acquisition par la Communauté Française de Belgique"
Anvers / Galerie "De Grote Witte Arend" Francis Van Hoof
Montréal / Malcoln Art Gallery
Woluwe-St-Lambert / Prix Médiatine
1991 Bruxelles / fonds pour l'Art Belge Contemporain
1992 Madrid / A.R.C.O. International Art Fair
1993 Bruxelles / "Le prix Médiatine fête ses 10 ans", Centre culturel de la
Communauté française Le Botanique
1995 Paris / Galerie Claudine Lustman
La Louvière / Centre de la Gravure
Angleterre Christchurch / Red House Museum
1996 Bruxelles / Galerie Albert Dumont
1997 Bruxelles / Pierre Hallet Art Gallery
Paris / Galerie Claudine Lustman

 

Prix et distinctions

1989 Oostende / Deuxième lauréat du prix "Musée d'Art Religieux"
1990 Woluwe-St-Lambert / Prix CGER au Prix Médiatine
La Louvière / Lauréat de la Biennale des Arts Plastiques (Maison de la
Laïcité et Communauté Française)
Anvers / Lauréat du Prix d'Anvers "Brabo" Havenloodsen en Bootlieden"
1991 Académie Royale des sciences, lettres et beaux-Arts de Belgique /
Prix de peinture "Jos Albert"
1993 Ixelles / Lauréat du Prix Triennal de gravure Marie-Louise Rousseau
1995 Académie Royale des sciences, lettres et beaux-Arts de Belgique /
Prix de peinture "Constant Montald"

Collections publiques

Communauté Française de Belgique
fonds pour l'Art Belge Contemporain
fonds John Cluysenaar
Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée de La Louvière
Musée des Beaux-Arts de Tournai
Musée des Arts de Silésie (Pologne)
Musée d'Art Moderne d'Odessa, Musée National de Liviv (Ukraine)
Musée d'Art Moderne de Bolzano (Italie)
Musée d'Art Moderne à Rijcka (Croatie)
Musée Osthaus de Hagen (Allemagne)
Herning Kunstmuseum (Danemark)
Musée d'Art Contemporain de Porto (Brésil)

Collections publiques

Allemagne – Belgique – Canada – Danemark – France – Italie – Israël

 

Appréciations

 

Texte de Luc Delisse


Peindre, pour Bern Wery, "c'est modifier la structure moléculaire du geste, de la durée picturale. Suspendre un moment l'aiguille de la montre, l'altimètre du regard. La main rêve ici de rivaliser avec l'œil"...

..."Saisie entre deux secondes fondantes, entre deux battements de cil, une image définitive perce la toile, se révèle, comme on dit pour les photographies. L'œil s'accommode. Le monde s'immobilise. Une nouvelle fois, la peinture vient de se créer elle-même".



Texte de Ruben Forni

Si Bern Wery était né à une autre époque, il n'aurait pas été peintre, mais prophète, ou peut-être
peintre - prophète, Depuis que je le çonnais, sa peinture ne cesse pas d'annoncer notre
rapprochement imminent de la terre promise.

Les mouvements des masses qui ne se montrent guère désespérées en souillant pour la première fois,une terre inconnue et vierge, manifestement hostile, qui poursuivent çalmement leur marche aveugle entourées des montagnes qui cachent en permanence l'horizon, nous parlent de l'existençe d’un « télos d'une finalité. Ces gens sans visage sont habités par le même esprit.
La dialectique de dispersion-. çoncentration des formes et des couleurs exprjme l'existence d'une force qui unifie les éléments et les hommes dans un seul but.
Ces gens communiquent aveç les puissances célestes, les habitants des Cieux qui sont toujours présents pour leur montrer le çhemin, Les colonnes de lumière créent des courants asçensionnels à travers lesquels ces êtres circulent, dialogue e s'efforcent pour attirer l'attention des pèlerins.

Texte de Danièle Gillemon Le Soir 11/04/92

"Peintures sur papier : les paysages sont denses, chaotiques, les configurations terrestres balisées par des montagnes soumises à des intempéries aussi intérieures que climatiques, Pluies, tempêtes, séismes, emporpernents de l'âme, ils se traduisent en effractions poétiques vives mais maîtrisées, nuées sombres et masses sévères qu'éparpillent des trouées de couleurs claires, des rransparences insolites, des véhémences graphiques",
Dans les petits tableaux. on a "le sentiment d'une précipitation sans fin, d'une écriture chahutée en marge de laquelle circule une couleur sans matière mais impétueuse qui allume cà et là des foyers incandescents, ruisselle en torrents, en ravines aveugles, Plus de terre ni de ciel mais une fusion convulsive des deux, un peu dans l'esprit de ce qu'avait rêvé Turner au plus fort dé son projet cosmnique…."
" ,., Champs de bataille encore vibrants des derniers affrontements, ils sont domptés par un sens très sûr des beautés picturales et de l'organisation interne du tableau qui se doit d'être simultanément densité et transparence révélation et mystère, spontanéité et construction. C’est cette rare disposition de la peinture à embrasser tant de registres contraires qui nous donne pour universelle chacune de ces notations fébriles, semblables aux pages d'un journal intime ..,"
" ... Si le matériau pictural dans sa richesse hésite entre romantisme et abstraction lyrique, c'est que ce genre de: combat, de nécessité de l'âme, s’ accommode toujours mal des classements, Le plus frappant reste la manière dont le peintre eeploite les suggestjons de la matière, conscient que chaque touche. chaque coup de brosse recèle un univers, le programme, en fait, du tableau tout entier."

Texte de Serge Goyens de Heuch

Qui aurait pensé en 1975 que de jeunes néophytes de l'art, découvrant leur vocation dans le climat rninimaliste et conceptualisant qui ,prévalait alors, en vinssent, quinze ans plus tard, sans fausse honte ni le moindre réflexe passéiste, à éprouver la nécessité et la joie de peindre un paysage ?
.., Depuis lors, il est vrai, on s'aperçut qu'en Allemagne, à Berlin comme à Düsseldorf, ceux qui furent appelés les Neue Wilden avaient cessé, dès la fin des années '60, de lorgner vers Josef Beuys et une avant-garde utopique et que, se référant à leur ancien expressionnisme autochtone, ils en revenaient à une peinture spontanée, qui à travers la gestualité fulgurante de la brosse, la schématisation brutale de la forme et la violence des couleurs. se voulait une saisie directe et quelque peu romantique du réel ...
... C'est au coeur de cette mutation nouvelle qu'inconsciemment sans doute Bern Wery commença par inscrire sa. démarche plastique, et qu'aujourd'hui il fait murir son art, poursuivant avec une calme persévérance ce que lui dictent sa sensibilité et sa richesse intérieure, sans succomber -le fait est trop rare parmi les jeunes artistes actuels pour ne pas Ie souligner- aux appels insidieux d'une époque vilainement empêtrée dans les impératifs d'un marché de l'art tout-puissant.
Une longue pratique du dessin exerça l'esprit e[ la main au geste sténographique ; elle lui fit prendre conscience des mystérieux rapports qui s'établissent dans le champ pictural entre l'opacité des signes tracés à l'encre de Chine et la blancheur du support, Au cours des années '80, vint ensuite: le moment d'expérimenter les pigments colorés de l'huile, tout en préservant sa spontanéité de l’écriture et la liberté de l’inspiration. De manière toute personnelle, Bern Wery allait allier ces pigments à certains éléments encrés qu'il continuait de disposer préalablement sur la surface nue, s'engageant ainsi dans une nouvelle dialectique picturale: au contact des pinceaux, les premiers signes encrés abandonnaient Ieur caractère informel pour devenir accent, cerne, modelé, et participer ainsi à l'apparition progressive d'un univers figuré (nuages, montagnes, arbres, étendues d'eau. personnages). Bern Wery s'est forgé des moyens d'expression bien à lui pour laisser aux subtils mécanismes créatifs qui l'habitent le temps d'affleurer au bout de ses outils de peinture, Il accorde ainsi ses stratégies picturales rythme de son activité mentale, donnant tout naturellement priorité à ce que Kandinsky dénomma si bien "la nécessité intérieure", Alors surgissent presqu'à l'insu de l'artiste, des mondes, des formes et des situations qui hantent son imagination et ses souvenirs: paysages contemplés lors de voyages, sensations tactiles et olfactives captées dans la campagne brabançonne où il a choisi de vivre, scènes bibliques nourries d'une lecture inventive des textes sacrés, Par le rythme conféré aux lignes directrices de l'oeuvre, par l'orchestration des masses de couleurs, ces univers para-figuratifs évoquent plus qu'ils ne décrivent ils constituent une évidente médiation entre la nature extérieure et l'intériorité de l'âme.
Si chez Bern Wery le lyrisme de l'expression, comme l'attirance pour Ie paysage et les scènes bibliques susciteraient quelques parallèles avec l'oeuvre de prestigieux aînés comme Rouault et Kokoschka, ou plus récemment avec Jacques Muller, l'un des premiers maîtres de l'artiste, la modernité de sa démarche se révèle surtout par le processus créatif qu'il adopte ; pour lui en effet le tableau ne peut ètre prévu ni dans son ensemble ni dans ses détails avant son exécution, C'est uniquement dans l'acte:pictural que la pensée peut intercéder auprès de la matière. Nul ne doute,;'que Bern Wery ferait siennes les paroles d'Alechinsky, un peintre qui fut pour lui un modèle ;
« L'acte de penser et de peindre,se, chevauchent, s’interpénètrent, On ne prévoit que dans le, moment de l'action, L 'oeuvre, l’'élaboration picturale, se déroule dans l'espace et dans Ie temps, dans l'espace limité par le format de la toile vierge et dans Ie temps qui n‘arrête pas de se dérouler pendant !'action,"
Telle est bien l'exaltante et difficile épreuve à laquelle décidèrent de se confronter aujourd'hui les jeunes artistes qui ont choisi de réinvestir le domaine propre de la peinture à la lumière d'un héritage déjà séculaire qu'à tort on pensait clos. Creuser de nouvelles veines dans une mine toujours riche, voilà Ieur mérite et le signe de leur pouvoir d'invention. Açteur de cette renaissance, Bern Wery est de ceux qui osent à nouveau conjuguer peinture et esprit,

 

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